Tourisme : Une (nouvelle) stratégie pour quoi faire ?

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Un groupe de touristes français et leurs guides dans le désert de l’Adrar © Crédits photos – Afrik TANDEM Médias
Un groupe de touristes français et leurs guides dans le désert de l’Adrar © Crédits photos – Afrik TANDEM Médias
Un groupe de touristes français et leurs guides dans le désert de l’Adrar © Crédits photos – Afrik TANDEM Médias


Le siège de l’Office national du tourisme s’est refait un nouveau lifting. Son site Web est en train d’être complètement rénové et remis à jour. Fin juillet, un avis a manifestation pour l’actualisation de la stratégie de développement du secteur a été récemment publié…

En décembre 2007, quatre touristes français, en partance pour le Burkina-Faso sont lâchement tués sur la nationale 1, à la sortie d’Aleg (sud du pays). L’incident du Kamikaze qui se fait exploser près de l’enceinte de l’Ambassade de France en août 2009 vient davantage compliquer la situation de la Destination Mauritanie. Le Ministère français des Affaires étrangères émet un avis maintenant, à ce jour, la destination Mauritanie entre l’orange…et  le rouge ! C’est d’ailleurs ce fameux avis qui a entraîné l’annulation du Rallye Paris-Dakar par ses organisateurs. À la fin de la saison touristique 2007/2008 un grand nombre de tours opérateurs avait quasiment suspendu de facto les circuits touristiques mauritaniens.

Un  vide  touristique

Le Département du Tourisme en Mauritanie met alors en place une campagne de communication en France pour restaurer l’image du pays et redonner confiance aux Tours opérateurs (TO) et touristes. Sur le plan diplomatique, les autorités mauritaniennes au plus haut niveau montent au créneau pour rassurer leurs homologues français, avec des messages du type : « l’insécurité est totalement maîtrisée », « la situation est sous contrôle », etc.

Malgré l’organisation en 2010 par l’Office nationale du tourisme (ONT) d’un voyage de presse à l’intention de journalistes français et belges, et la participation d’officiels mauritaniens à des événements majeurs (tels que la semaine de la Mauritanie à Paris ou l’expo universelle de Shanghai) en vue de revigorer la destination, les touristes occidentaux (principalement les Français) n’étaient toujours pas de retour dans le désert (hélas, notre unique produit touristique phare !). L’exploration de nouveaux marchés touristiques par des voyagistes mauritaniens ne changera pas grand-chose à la donne. Un opérateur privé, Chinguitty voyages, organise en octobre 2010 l’arrivée du premier groupe de touristes venus de l’Asie du Sud-est (Malaisie).

Bref  Éclairci… à l’horizon

En dépit des restrictions du Quai d’Orsay, près de 200 touristes français fouleront  en 2014, le sol de Oualata (Est du pays), en marge du lancement de la 4ème édition du Festival des villes anciennes, dont l’ouverture officielle est donnée en grande pompes par le Président de la République. Le voyage est organisé par le TO « Point-Afrique ». Cette arrivée de « masse » de touristes français, la toute dernière connue à ce jour,  est perçue par le   ministre de l’époque en charge du tourisme, Bamba Ould Daramane, comme une « réussite… alors qu’au regard des statistiques de la dernière décennie, elle est la pire jamais enregistrée.  La Mauritanie est ainsi passée d’une moyenne de 12 000 touristes sur les saisons 1998-2006, à un peu moins de 4 000 touristes en 2007/2008 et  2000 touristes en 2008/2009.

Une stratégie de rupture ?

C’est dans un tel contexte de morosité ambiante du secteur touristique et de « re-naissance » programmée de l’Office national du tourisme, que le Ministère en charge de ce secteur envisage, avec l’appui du PNUD, l’actualisation de la Stratégie pour le développement du secteur élaboré en 2007.

«Le processus de validation et d’adoption de ce document n’a pas été mené jusqu’à son terme », lit-on dans les TDR de lancement de l’avis à manifestation d’intérêt publié, fin juillet.

« L’objectif général est de permettre au Département du tourisme de déterminer avec précision les orientations stratégiques et les points d’articulation avec la Stratégie de croissance accélérée et de Prospérité Partagée».  À travers cette actualisation, le Ministère vise aussi spécifiquement à tracer «une feuille de route » qui permettra de « relancer durablement le secteur » (cible 8.9 des Objectifs de Développement Durable, qui prévoit, d’ici à 2030, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques visant à développer un tourisme durable qui crée des emplois et qui met en valeur la culture et les produits locaux. Seul hic, dans un contexte sahélo-saharien marqué (encore et peut-être pour très longtemps ?) par l’insécurité et une demande internationale de produits touristiques en forte baisse ainsi qu’un secteur touristique national assez désorganisé et miné de l’intérieur par l’amateurisme et le clientélisme… atteindre cette cible exige  d’abord  un véritable assainissement du secteur et une mise à niveau de ses ressources humaines. Un axe qui sera certainement pris en compte dans la nouvelle stratégie !03

Astou Diallo