Les mauvais (et les bons) scores de notre économie

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classement-icone-ok-rimLe gouvernement se targue d’enregistrer « un taux de croissance moyen de 5%, la maîtrise de l’inflation à 3% et un déficit de la balance qui oscille aux environs de 2% » (dixit le Ministre l’Économie et des Finances).  Mais durant les six derniers mois écoulés, globalement certains rapports et classements lui semblent plutôt défavorables…

En juin dernier, dans un article incendiaire intitulé «  les chiffres secrets de la faillite de l’économie mauritanienne « , le journaliste Nicolas Beau, proche murmure-ton de l’homme d’affaires Bouamatou, s’est « indigné » et délecté avec enthousiasme de cette panne de l’économie mauritanienne et sa mainmise par le « clan au pouvoir ». L’article publié sur le site Mondafrique (mondafrique.com) avait été partagé par plus de 21.000 internautes. C’est le « Conseiller aux affaires économiques et financières » du Président, M. Thiam Diombar, qui s’était chargé de lui donner la réplique, dans un brillant article « droit de réponse » (« L’économie mauritanienne est sûr de bons rails ») vantant le bilan économique de l’État, publié sur un site web local très peu connu.

Démesure

Un mois auparavant, le 27 mai dernier, un gain de huit (8) points (176ème rang à 168) sur un total de 189 pays du monde dans le classement mondial Doing Business 2016 avait fait l’objet, en grandes pompes, à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Nouakchott, d’une journée de présentation et de sensibilisation des réformes du Doing Business 2017 engagées dans le cadre de la feuille de route adoptée par le Gouvernement en novembre 2015. Cette manifestation avait été rehaussée par la présence du ministre de l’économie et des finances, Moctar Ould Djay, son homologue du Commerce, de l’Industrie et du tourisme ainsi que le Représentant-Résident de la Banque Mondiale et de plusieurs personnalités du Corps diplomatique.

Serial contre-performance

En revanche, lorsque la Mauritanie a dégringolé de trois places dans le classement Doing Business 2015 (176ème place) par rapport à celui de 2014 (173ème place), la consigne gouvernementale semblait être explicitement le « no comment » absolu. Idem, à l’annonce (fin septembre) du rapport annuel sur la compétitivité 2016 établi par le Forum économique mondial. Sur un total de 139 pays, la Mauritanie occupe le 137ème rang des pays les moins compétitifs, après avoir occupé une année auparavant (2015) la 138ème place. Silence radio dans les médias publics…et aucun responsable pour nous expliquer ce manque de «compétitivité», cette « récession » de notre l’économie, ce « surplace ». L’un des indicateurs utilisés par le classement du Forum est la «charge fiscale». Une charge fiscale élevée indique une faible compétitivité. Le site d’information économique Business Insider France (www.businessinsider.fr) s’est intéressé aux pays dont le taux d’imposition total est supérieur à 50%. Il en découle que la Mauritanie, avec « 73,3% », occupe le troisième rang des 25 pays ayant les taux d’imposition les plus élevés au monde : « En 2013, ce pays très dépendant de l’agriculture a mis en place un prélèvement à la source de 15% pour empêcher les personnes de transférer des paiements à des non-résidents du pays », explique le média économique.

La serial contre-performance de la Mauritanie continue dans le classement rendu public, fin septembre, par l’Institut américain des mesures et évaluations de la santé (IHME), qui se base sur 33 indicateurs notés de 0 à 100 qui permettent de mesurer l’évolution de chaque pays entre 1990 et 2015, avec un écart important noté par rapport à d’autres pays. « La Mauritanie est la plus mal lotie des pays maghrébins avec une moyenne de 38 points (contre 59 points pour l’Algérie et 57 points pour le Maroc et la Tunisie », affirme le HuffPost Maghreb (www.huffpostmaghreb.com). Ajoutant que : « la situation était bien pire pour la Mauritanie en 1990, avec une moyenne de 23 points. Les choses avancent mais très lentement. La moyenne était de 27 en 1995, de 30 en 2000 et 35 en 2010 ».

Ultime consolation

L’ultime consolation, pour la Mauritanie, au cours de ces six derniers mois, on la retrouve dans le nouveau classement du Doing Business 2017 de la Banque mondiale (BM), rendu public le 26 octobre. Dans ce nouveau classement, elle améliore son précédent score de 8 points, passant de la 168ème place à la 160ème. Une performance qui résulterait de 4 réformes (liées notamment à l’obtention de prêts, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes et impôts et le commerce transfrontalier) engagées l’an passé par les pouvoirs publics. 

Dianifaba