Aviculture en Mauritanie : Le boom de la filière volaille

0
695
Une unité de production de poulets de chair du Programme dans le Gorgol
Une unité de production de poulets de chair du Programme dans le Gorgol © Crédits photos – Afrik TANDEM Médias

Lors du démarrage le Programme de Lutte contre la Pauvreté Rurale par l’Appui aux Filières (ProLPRAF) en 2011, il n’y avait que dix-sept poulaillers semi-intensifs sur toute l’étendue du territoire national.

C’est incontestablement sous l’impulsion de ce Programme, financé à hauteur de 17.8 millions de dollars USD, sur six ans, par le gouvernement mauritanien, le FIDA (Fonds international onusien de développement agricole) et la coopération italienne, que la filière aviculture a connu   un boom et regain de dynamisme sans précédent à Nouakchott et à l’intérieur du pays. On dénombre près d’une centaine de poulaillers semi-intensifs et complexes opérationnels, dont une soixantaine à Nouakchott, détenus et gérés soit par des organisations de producteurs ruraux (coopératives, unions) ou des opérateurs privés, qui se sont investis dans la filière, en espérant y faire profit !

 

Un fort impact 

Après cinq ans de mise en œuvre de la filière aviculture de ce Programme, plusieurs indicateurs démontrent aujourd’hui que l’approche d’intervention qui a été initiée a eu des impacts directs dans l’amélioration des revenus des groupements de producteurs en milieu rural composés majoritairement de femmes pauvres, qui s’adonnaient exclusivement à l’aviculture traditionnelle. L’impact indirect est également perceptible dans les politiques sectorielles et leurs instruments de mise en œuvre. La tutelle du Programme (l’ex- Ministère du Développement Rural) a repris l’approche filière et chaîne de valeur dans sa Stratégie Développement du Secteur Rural (SDSR) à l’horizon 2025, dans laquelle l’aviculture comme six (06) autres filières promues par le ProLPRAF sont reconnues comme étant des filières prioritaires. De plus, ce ministère a mis en place des outils et des mesures d’accompagnement pour renforcer l’enseignement et le développement de la  filière aviculture, à travers  la création d’un  Service filière au niveau du Ministère de l’élevage, l’introduction d’un module « aviculture » au Lycée technique de Boghé ainsi que la réalisation dans le cadre d’un Partenariat public privé (PPP) d’un grand complexe avicole à Nouakchott, destiné à faciliter  la fourniture aux opérateurs nationaux et acteurs de la filière, de poussins d’un jour (qui étaient jusqu’ici importés du Sénégal ou du Maroc).

Fort de ces retombées, le ProLPRAF avait entamé, peu avant sa clôture en mars dernier, dans le cadre de son Fonds d’Appui aux Filières (FAF), la mise à l’échelle des  unités de production de poulets chair  au niveau national, et ce, à travers le lancement d’ avis d’appels à proposition à l’endroit des producteurs.  Dans le cadre de ce Fonds, pas moins d’une cinquantaine de nouveaux poulaillers d’une capacité de 500-1000 sujets ont été construits, équipés et dotés en poussins d’un jour (soit  une première vague de 22.000 poussins), en intrants vétérinaires, aliments de volaille et matériels divers.

Sidi N’Diaye