Chinguitty Bank :Le poids des créances douteuses

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Le siège de Chinguitty Bank à Nouakchott © Crédits photos C. Sakhanokho – Afrik TANDEM Médias
Le siège de Chinguitty Bank à Nouakchott © Crédits photos C. Sakhanokho – Afrik TANDEM Médias

L’ex-banque Arabe Libyenne en Mauritanie (BALM, actuel Chinguitty Bank), créée en 1972, croule sous le poids des dettes non gelées de particuliers et entreprises. L’État mauritanien a ordonné une enquête…

La banque mixte à capitaux majoritairement libyens (à hauteur de 51%) et des fonds de l’État mauritanien (49%) avait, lors de sa création, un capital de qui ne dépassait pas 200 millions d’UM. Mais elle aurait accordé pendant de nombreuses années, des prêts quasiment sans garanties et non recouverts, estimés aujourd’hui à plusieurs milliards d’ouguiyas. Principaux destinataires de ces prêts, des particuliers (hommes politiques et notables tribaux proches des régimes successifs), mais également des entreprises mauritaniennes.

Cela relève presque de l’anecdotique, grâce à une combine simple et rodée de l’époque, certains de ces emprunteurs s’arrangeaient avec un certain laxisme et complicité des responsables gestionnaires de la banque pour « mourir ou disparaitre. Plusieurs débiteurs nationaux auraient ainsi simulé des décès tragiques et des disparitions de circonstance vers l’étranger pour échapper à la justice.  Résultat :   la Chinguitty Bank qui revendique une quarantaine d’années d’existence a toujours du mal à ce jour à surmonter les défis liés au recouvrement de ces créances ? Raison pour laquelle, une enquête préliminaire a été ordonnée pour la première fois par l’État mauritanien, à la demande dit-on des autorités libyennes.

L’enquête va-t-elle plaider en faveur de perspectives de sortie reluisantes pour cette banque ? Rien n’est moins sûr. Une seule certitude par contre, Chinguitty Bank conformément aux objectifs fixés par ses actionnaires libyens et mauritaniens continue de revendiquer une existence de façade, doublée d’une faible innovation au niveau de ses produits et services et d’un lent développement de son réseau. Elle a vu certes, durant la dernière décennie, son capital porté à 6 milliards d’ouguiyas dont 71.42% libérés par la LibyanForeign Bank et 28,58% par la partie mauritanienne. Côté management, Elle s’est dotée également d’un conseil d’administration comprenant 8 membres (dont 3 nationaux et 5 libyens). Sa modernisation se résume quasiment à ces deux choses. En revanche, elle ne possède que deux succursales (à Nouakchott et Nouadhibou). Elle a aussi toujours du mal à se déployer sur l’ensemble du territoire national, et surtout à s’intéresser à d’autres secteurs d’activités et opérateurs économiques (élevage, agriculture, etc.) en dehors de la pêche, son secteur de préfinancement de prédilection.

Astou Diallo